Julien Besnier - Journal numérique.
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Série photo "Pellicule mémorielle - Part II" - Mémorial National du Canada de Vimy

Chroniques - Pellicule mémorielle

Une série de photo qui nous fait (re)découvrir le mémorial national du Canada à Vimy.

La crête de Vimy se situe entre Lens et Arras, dans le Pas-de-Calais (Nord de la France). Elle est devenue célèbre pendant la Première Guerre mondiale parce qu’elle était une position allemande fortement fortifiée, dominante sur la plaine d’Arras :

  • En fin 1914 et en 1915, il y a eu plusieurs tentatives de prise par les Français, notamment via l’action d’une division marocaine du Général Pétain (appuyée par des tirailleurs algériens). Faute de soutien, la division marocaine qui avait atteint l’objectif a dû se replier et la crête est restée allemande.
  • Au printemps 1916, les Britanniques prennent la relève des bataillons français
  • Du 9 au 12 avril 1917, les quatre divisions canadiennes combattent ensemble pour la première fois et réussissent enfin à s’emparer de cette hauteur.

Une nouvelle approche a été mise en place par les canadiens, notamment via :

  • Des entraînements plus poussés des soldats (dans des maquettes de tranchées)
  • Ces entrainements leur fournissaient plus d’informations sur le terrain
  • Ils étaient également encouragés à prendre des initiatives si leurs chefs étaient touchés
  • En complément, ils ont mis en place des tunnels qu’ils ont creusés sous la crête (6km). Ces tunnels servaient à cacher leurs mouvements, à préparer l’assaut et à soutenir l’avance derrière le barrage roulant de l’artillerie.

Cette victoire, obtenue au prix de lourdes pertes, est souvent vue comme un moment important de l’histoire militaire canadienne, car elle a renforcé le sentiment d’une identité nationale propre.

Après la guerre, les Canadiens ont voulu un symbole durable pour honorer leurs morts. La crête fut offerte au Canada par la France, et un concours permit de retenir le projet du sculpteur Walter S. Allward, choisi en 1921.

La construction du mémorial débuta en 1925 et s’étira sur plus d’une décennie, en grande partie à cause de l’ampleur du projet et du travail de sculpture dans la pierre.

Le chantier en 1923. (source : image Wikipedia)

Le monument fut achevé en 1936, au coût d’environ 1,5 million de dollars. Son inauguration eut lieu le 26 juillet 1936 devant plus de 100 000 personnes, dont approximativement 6 000 anciens combattants canadiens venus spécialement pour la cérémonie, mais aussi le roi Édouard VIII.

Photographie de l'inauguration. Effectivement, il y avait beaucoup de monde. (source : image Anciens Combattants Canada / cf. source en fin d'article)

Le roi Édouard VIII lors de la cérémonie d'inauguration du monument, le 26 juillet 1936. (source : image Wikipedia)

L’événement a consacré Vimy comme le principal mémorial canadien outre-mer, lieu de souvenir et de pèlerinage. Le site est aussi important pour les Canadiens parce qu’il symbolise à la fois le courage, le sacrifice et la mémoire des soldats morts en France sans sépulture connue.

L’architecture du mémorial de Vimy est à la fois monumentale et très symbolique :

Le monument se dresse au sommet de la crête comme une grande composition sculpturale en pierre claire, visible de loin au-dessus de la plaine. L’ensemble repose sur une base massive en béton armé, recouverte de calcaire de Séget, ce qui donne au monument une impression de solidité.

Les noms des 11 285 soldats canadiens morts en France et sans sépulture sont gravés autour du socle, intégrant le souvenir des morts à l’architecture même.

Gravure du monument. Photo prise entre 1925 et 1939. (source : image Wikipedia)

Les murs du monument sont couverts en partie basse de ces inscriptions. Ici, j’ai fait un zoom sur une petite portion de la base du monument.

La structure est dominée par deux pylônes jumeaux de 27 mètres, souvent interprétés comme le Canada et la France unis dans le sacrifice et la paix. Cette forme très élancée est caractéristique du monument.

Les surfaces sont complétées par vingt figures allégoriques de taille imposante, sculptées directement dans la pierre, qui représentent notamment la justice, la paix, la foi, la connaissance, la compassion et la vaillance.

L’architecture donne l’impression que le monument a toujours été là :

  • Un effort particulier a été apporté aux volumes de la base, qui épouse le paysage sur plusieurs niveaux.
  • Les escaliers, d’abord cachés, surprennent le visiteur et l’emmènent sur le point de vue sur la vallée.

Aussi, cette forme invite à lever la tête et à profiter des sculptures situées dans le haut des tours.

Maquette en Lego du monument, présentant la face est du bâtiment qui est tournée vers la plaine. Le visiteur arrive donc par l’arrière de cette maquette.

Le site ne se limite pas au monument canadien, il comprend également :

  • Une forêt (dont de nombreux arbres ont été plantés par les canadiens), dont une bonne partie est non visitable, puisque non déminée. On retrouve notamment de nombreux cratères, laissés intacts (et tondus par des moutons 🐑).
Des cratères entourés d’arbres.
  • Un musée canadien qui présente quelques objets canadiens et raconte leur histoire (la visite est gratuite et plutôt rapide)
  • Un monument dédié aux morts de la division marocaine est érigé près du monument canadien
  • Des tranchées reconstituées sont visitables librement
Portion de tranchée reconstituée.
  • Les tunnels sous-terrains se visitent (visite guidée uniquement, du 1er mai au 30 novembre). La visite dure 30 à 45 minutes et est sans réservation. Je n’ai cependant pas pu faire cette visite lorsque j’y suis allé.
  • Et plusieurs cimetières complètent le site.

Cette série photo présente donc le monument, de nuit. J’apprécie particulièrement son esthétique lorsqu’il est éclairé la nuit.

J’ai également ajouté dans la seconde partie de la série quelques clichés de jour pour que vous puissiez mieux voir le monument.

“Pellicule mémorielle - Part II” n°001. Un chemin de terre sépare le parking du monument. De quoi le contempler de loin.
“Pellicule mémorielle - Part II” n°002. En s’approchant, on identifie plus de détails.
“Pellicule mémorielle - Part II” n°003. Les escaliers nous permettent de nous déplacer entre les étages.
“Pellicule mémorielle - Part II” n°004. Au pied des colonnes, sur la face est, ‘Le porteur de flambeau’ et ‘Le sacrifice’
“Pellicule mémorielle - Part II” n°005. ‘Le Canada en deuil’ contemple la vallée
“Pellicule mémorielle - Part II” n°006. Les plissés du drapé sont superbes.
“Pellicule mémorielle - Part II” n°007. On identifie en s’approchant qu’il s’agit d’une femme qui baisse la tête, symbole de deuil.
“Pellicule mémorielle - Part II” n°008. Plus au nord, Lens. À l’arrière-plan, les terrils sont immanquables.
“Pellicule mémorielle - Part II” n°009.
“Pellicule mémorielle - Part II” n°010. Quand il fait nuit noire, c’est saisissant.
“Pellicule mémorielle - Part II” n°011. Des statues monumentales nous accueillent à la base (ici celle de gauche).
“Pellicule mémorielle - Part II” n°012. Des statues monumentales nous accueillent à la base (ici celle de droite).
“Pellicule mémorielle - Part II” n°013. On voit un peu mieux le reflief de jour.

Informations pratiques

Mémorial national canadien de Vimy

Route D55, Chemin des Canadiens

62580 Givenchy-en-Gohelle

Et ci-dessous, retrouvez quelques-unes des sources qui ont permis d’agrémenter le texte de cet article :

Le site vaut vraiment le coup d’être visité, c’est grandiose.

Merci de m’avoir lu. N’hésitez pas à partager en commentaire vos impressions sur cette série de photos.

À bientôt sur le blog,

Julien.

Remarque
Cet article est paru la première fois sur julienbesnier.fr
Pellicule mémorielle - Part I - Nécropole Nationale de Notre-Dame-De-Lorette
Si vous n’avez pas encore vu le premier épisode, c’est par ici.

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