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Série photo "Industry - Part I" - La laineuse Grosselin à la Fabrique des Savoirs d’Elbeuf

Une série de photo qui nous replonge dans le passé industriel d’Elbeuf, près de Rouen.

Parmi les musées du RMM (la Réunion des Musées Métropolitains Rouen Normandie), se trouve aux cotés du Musées de Beaux-Arts de Rouen notamment, la Fabrique des Savoirs d’Elbeuf. Les parcours permanents de chacun de ces musées publics de la métropole Rouennaise est gratuit.

La fabrique des savoirs est un centre culturel consacré à la richesse industrielle et patrimoniale de la vallée de la Seine. Installée dans l’ancienne usine textile Blin & Blin, rien que le bâtiment est superbe, elle accueille aujourd’hui plusieurs expositions :

  • Un parcours consacré aux animaux, avec une très belle collection taxidermique.
  • Une bibliothèque / centre d’archives patrimoniales.
  • Un parcours sur la vie industrielle du bassin d’Elbeuf, très renommé pour le textile (nous y reviendrons). Notamment un parcours présente l’évolution de l’architecture du bassin au fil des siècles, mais aussi une collection de machines textiles impressionnante.
Le hall des machines à l’étage nous plonge dans l’époque industrielle. On notera que cette horloge est moderne puisqu’électrique.

La partie sur laquelle nous allons nous entrer plus en détail est le parcours sur la vie industrielle du bassin, et sa collection de machines textiles.

Parmi les pièces majeures du musée, et disposée dans le hall pour vous accueillir, la laineuse Grosselin attire particulièrement l’attention.

La machine a des dimensions impressionnantes.
Informations sur la machine

En guise de légende, voici la transcription du panneau posé sur la machine :

Etablissements Grosselin, Sedan Laineuse

Fin du XIXe siècle / Fonte, bois / Inv. 94. TM 20

La laineuse intervient au moment des apprêts, c’est-à-dire après le tissage du drap. Celle-ci est équipée de picots métalliques, mais la plupart sont dotées de chardons naturels, réputés plus doux.

Cette machine de très grande envergure est née à Sedan à la fin du XIXe siècle sous l’impulsion d’Henri Grosselin, ingénieur sedanais, et d’Adrien Duquesne, industriel. Cette mécanique complexe a révolutionné la fabrication industrielle du tapis en laine grâce à une technique brevetée de double fixation du fil en forme de 8. En 1914, l’entreprise produisait jusqu’à 80.000m²de tapis par an.

Si la laineuse impressionne par ses dimensions (plus de 5m de haut, près de 4m de large !), elle captive surtout par ses organes mécaniques : couronnes dentées, engrenages de transmission… Chacun de ces détails rappelle l’ingéniosité des débuts de l’ère industrielle et n’est pas sans me faire penser aux mécaniques de mouvements horlogers qui me passionnent.

“Industry - Part I” n°001.
“Industry - Part I” n°002.
“Industry - Part I” n°003.
“Industry - Part I” n°004.

Les laineuses Grosselin ont reçu plusieurs distinctions lors d’expositions internationales à Paris et Bruxelles (dans les années 1890-1910).

Le bassin d’Elbeuf, près de Rouen, est un centre majeur de l’industrie textile française depuis le XVIe siècle, spécialisé dans la fabrication de draps de laine. La construction de la Manufacture royale en 1667 a structuré cette activité, qui s’est industrialisée au XIXe siècle avec de grandes usines modernes.

L’usine Blin & Blin, qui accueille maintenant ce musée, a été créée en 1871, et est l’un des symboles de cet âge d’or textile. Cette vaste usine employait des milliers d’ouvriers et jouait un rôle clé dans le tissage de la laine.

Le déclin de l’industrie textile après la Seconde Guerre mondiale, a entrainé la fermeture de ces grands ensembles industriels. Le fait que cette usine ait été transformée en musée permet de faire perdurer ce bâtiment, mais aussi la mémoire du passé industriel de la vallée.

La machine que je vous ai présentée dans cette série photo n’est qu’une des nombreuses machines présentées dans le musée. Dans le hall à l’étage, la diversité des machines (qui ont toutes des caractéristiques, usages, dimensions propres), nous permet de nous rendre compte de la complexité des machines de l’époque et du savoir-faire des ouvriers qui en découle.

Si vous êtes dans les environs, selon moi ça vaut vraiment le détour… surtout que l’entrée est gratuite !

Pour voir quelques machines textiles de l’époque en fonctionnement, retrouvez ce reportage de l’INA :

Informations pratiques

LA FABRIQUE DES SAVOIRS, Elbeuf-sur-Seine

Entrée : 7 cours Gambetta

Tél. : 02.32.96.30.40

Retrouvez les horaires et jours d’ouverture à jour directement sur le site de la fabrique des savoirs.

Et ci-dessous, retrouvez quelques-unes des sources qui ont permis d’agrémenter le texte de cet article :

Merci de m’avoir lu. N’hésitez pas à partager en commentaire vos impressions sur cette série de photos, ou à me dire ce que vous avez pensé de votre propre visite du musée.

À bientôt sur le blog,

Julien.

Remarque
Cet article est paru la première fois sur julienbesnier.fr

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